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La société close s'oppose à la société ouverte, en ce que la première est collectiviste, paternaliste, cloturée, identitaire, sinon magique, tandis que la seconde est fondée sur le droit, le contrat, le respect de l'individu.
Principe de la dichotomie: Distinction clos / ouvert - Antonyme: société ouverte
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La société close est une société :
Société holiste, les enfants (faits pour le maintien du taux de natalité) y sont pris en charge par l'Etat (éducation nationale), la Race/Parti/Patrie se substituant aux parents biologiques. Le travail sert à soutenir les indices étatiques (taux de croissance, PNB) et la richesse qui y est crée par et pour la Race/... y (re)part dans le fond commun, naturellement, et y est fraternellement redistribuée. La morale y est raciale/de classe/républicaine, unitaire (le pluralisme mettant en péril la fusion du groupe) et doit être imposée dès le plus jeune âge via la propagande (les ministères de la "communication" ont disparus seulement depuis peu dans la plupart des pays pour être remplacés par certaines lois prohibitrices (cf. lois mémorielles) ou inscrits dans la constitution : technique moins grossière et plus efficace), le discours paternaliste, ou encore le politiquement correct.
La distinction entre société civile et communauté politique, posant des problèmes de divergence des intérêts, le collectivisme de la société close s'efforce de tout politiser: l'Etat étant la courroie de distribution ou la tour de contrôle de l'ensemble des activités humaines, du berceau à la tombe, tout doit passer par lui et être réglé par lui. Le "laissez-nous faire" est dès lors pris comme un acte de rébellion pour le dirigeant peu enclin à voir une fraction de pouvoir échapper à son joug, ou le despote bienveillant comme un acte d'ingratitude. Les sociétés intermédiaires (Rousseau, Contrat social, 2.3) doivent être interdites, les groupes organisés suspects.
Du principe d'autarcie (de Platon - dont le livre I de la République se déroulant au Pirée, est lourd de sous-entendus dans la critique du cosmopolitisme, dont la cité des Lois est placée sur une île loin de la côte - jusqu'aux exemples récents du franquisme et de la Corée du Nord) au protectionnisme du social-nationalisme, la fermeture en est une constante.
La clôture n'est pas une simple métaphore et le très visible Mur de Berlin (que l'on n'essayait de franchir que dans un sens) symbolisant par avance la faillite d'un régime si idyllique que nombreux voulaient le fuir, ne doit pas faire oublier que la chasse à l' évasion fiscale n'en est que le dernier avatar.
Anti-cosmopolite, les signes distinctifs (drapeaux, couleurs, mascottes), le folklore et la culture, les héros nationaux ou la mythologie, les chants (hymnes, musique : art totalitaire par excellence), voire (pour des pays comme l'Allemagne) la langue, éventuellement encore la religion (l'Ouma, l'ekklesia, le christianisme occidental), forment un package indissociable qui bercent et enterrent le membre ou la cellule du corps social, là où la société ouverte relève d'une adhésion (au moins formellement) volontaire et permet à l'individu de dé-packager ces adhésions, sans en être prisonnier à vie. Souvent pensée sous le prisme de l'hypostase de la famille, la communauté dans laquelle baigne l'individu lui est indissociable: Socrate n'est rien hors de sa Cité (le condamnerait-elle à mort). Mais ceci n'est pas valable seulement pour les hommes: le peuple a sa terre, son esprit ou son caractère (De Maistre parlait d' « âme nationale »), sa langue, sa culture, parfois ses gênes ou son sang (aryens, juifs - du côté maternel) et tous sont unis : Heidegger ne peut penser en grec comme le Coran être traduit, et l'œuvre d'art perd son identité si elle est extraite de son « monde », un musulman ne peut s'appeler Jean-Paul ni un pape Abdul, etc.
Néanmoins, devant faire en sorte que les différences (le pluralisme) ne créent pas de dissensions théoriciens inventent des stratagèmes pour mouler dans le même creuset républicain les individus : collectivisation des enfants, communauté des femmes, chez les gardiens de la cité platonicienne ; absolutisme hobbesien ; dogmatisme infaillible et préjugés chez De Maistre; intérêt général et démocratie directe chez Rousseau ; fin de la division du travail et du pays en ville/campagne chez Marx:
Au lieu de faire de tout homme un "partenaire" grâce au commerce, la société politique se place sous le clivage entre "nous" et "les autres/étrangers", lui-même sur la pente du clivage "ami/ennemi" cher à Carl Schmitt. La politique se nourrit de conflits et l'adversaire politique s'avère être un adjuvant nécessaire pour le politicien, non pas dans un progrès comme celui qu'apporte la concurrence, mais pour le maintien de l'illusion de la nécessité du jeu politique.
Pour souder le groupe, le régime a besoin d'ennemis fédérateurs, le juif, le comploteur capitaliste ou « social traitre », l'ennemi ad hoc et temporaire comme fut en France le « plombier polonais », ont joué ce rôle dans l'interminable tragédie qu'aucun être vivant sur les deniers publics n'a intérêt à achever, si bien que les ressources en menaces paraissent inépuisables. Les régimes collectivistes les plus avancés font du militarisme un levier de choix (sur le militarisme: cf. Bourguin, Mises, Hayek) pour contrôler la communauté, de l'usine ou de la caserne leur idéal-type, lorsque les collectivismes modérés usent de dérivés plus positifs : équipe nationale sportive (le Brésil fut le principe d’adversité suffisant pour unir momentanément les blacks-blancs-beurs qui composent la société française), cause solidaire nationale, totems communs (monuments) ou objectifs communs (frontières, conquête de l'espace…).
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